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Marges Brutes 2018 : un repère technique et économique sur les cultures de vente

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La Chambre d’agriculture de la Mayenne vous propose la nouvelle édition de sa brochure « Marges brutes des cultures de vente ». Ce document fait un point technico-économique sur la conduite des cultures.

 

Les marges brutes des cultures de vente en 2018 sont en baisse après l’amélioration connue en 2017. Elles ne sont pas aussi catastrophiques qu’en 2016 mais restent globalement en-dessous de la moyenne à 10 ans.

Le trio gagnant reste identique, même si l’ordre a évolué. Les protéagineux sont à la peine malgré les aides financières.

Podium 2018, le tiercé dans le désordre !
En regardant les marges brutes sur 10 ans, on peut considérer que le colza occupe régulièrement la première place suivi du blé. Le maïs grain complète ce trio gagnant. Une fois n’est pas coutume, cette année avec des conditions climatiques favorables le maïs grain occupe la première place de ce classement devant le blé et le colza. En effet, malgré la pluie qui a retardé les semis, un record de 30 ans en somme de températures du 1er mai au 31 août a permis un développement rapide du cycle du maïs. La persistance d’un temps sec en septembre a permis d’obtenir un taux d’humidité relativement faible à la récolte entraînant une baisse significative des frais de séchage.

Un poste « intrants » plutôt en baisse
Toutes cultures confondues, on observe une érosion du poste « intrants » sur les 2 dernières années après le pic de 2016. Il faut sans doute y voir une adaptation des itinéraires techniques dans un contexte économique tendu après les mauvaises marges cultures en 2016. Le prix des unités fertilisantes (N, P, K) est effectivement en baisse par rapport aux années 2015 et 2016. Par contre, sur 2018, on observe une légère remontée notamment sur l’ammonitrate et la potasse. Le poste ‘fertilisation’ se stabilise entre 2017 et 2018. Le poste « semence » varie selon les cultures. En 2018, en orge la part consacrée aux hybrides est en baisse.

La place des protéagineux
Depuis les années 2000, le rendement des protéagineux est en baisse. Le rendement pois oscille entre 40 et 45 q/ha et la fèverole est souvent 10 q/ha en retrait. La marge culture de cette dernière occupe régulièrement la dernière place du classement alors que le pois fait mieux. Les aides couplées à ces cultures permettent d’approcher une rentabilité économique. Par contre, le raisonnement doit se faire à l’échelle de la rotation. Par exemple, en comparant sur 10 ans, on voit qu’une rotation colza / blé / pois / blé avec une marge brute de 753 €/ha et d’autres atouts agronomiques s’en sort aussi bien qu’une rotation colza / blé / orge à 738 €/ha.

Forte disparité des prix de vente à la récolte
Le prix de vente est le premier facteur de variation de la marge brute devant le rendement. L’importance d’une commercialisation efficace est un facteur dans le maintien et l’amélioration de la marge culture. Malgré cela, il n’est pas toujours évident de se protéger de la volatilité. En 2018, le prix de vente du blé entre le 1er juillet et le 20 août à varié de plus de 40 €/t passant de 150 à 190 €/t. Il en est de même pour l’orge dont la variation a été encore plus forte (45 €/t). Avec un prix de vente à 150 €/t la marge brute en blé serait de 550 €/ha, alors qu’elle passe à plus de 800 €/ha pour un prix de vente à 190 €/t.

Perspectives 2019
Pour l’instant, les prix sont corrects, sans être exceptionnels, en céréales comme en oléoprotéagineux. L’engagement en prix ferme pour les plus sécuritaires permet de se garantir dès aujourd’hui une partie de la marge. A cette époque de l’année et de la campagne, ce n’est pas une mauvaise première affaire.

Pour plus de renseignements : Etienne BARBARIT - 02 43 67 36 81