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En groupe pour progresser : 4 éleveurs témoignent (53)

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Depuis 7 ans, la Chambre d'agriculture accompagne un groupe qui réunit chaque hiver 8 à 12 éleveurs. L’animatrice Blandine LECLERE a invité quatre d’entre eux à témoigner de leurs motivations : Jérôme, François, François-Pierre et Adrien.

« Participer à un groupe de progrès me permet de lever la tête du guidon, rencontrer des gens très sympathiques, découvrir d'autres pratiques, affiner mes choix, parfois éviter de faire des boulettes, me remotiver pour aller de l'avant !»

 

Qu’est ce qui vous a amené à participer à ce groupe de progrès ?
François : Ce qui m'a amené à participer, c'est la recherche d’amélioration de nos pratiques pour être plus efficace économiquement.
François-Pierre : Quand Blandine nous a invités, avec mon associé, on a tout de suite dit oui : en tant que jeunes installés, on était très motivés pour voir d'autres systèmes, échanger sur nos méthodes et temps de travail, rencontrer d'autres chefs d'entreprises.
Adrien : Mon ancien groupe a capoté faute de participants ! Je trouve ce groupe très plaisant, j'y ai été très bien intégré, tout le monde participe. Il y a un respect mutuel malgré la diversité des pratiques. Ce qui aide aussi à libérer la parole même quand on ne fait pas comme tout le monde.
Jérôme : Ce qui m’a toujours motivé depuis le démarrage du groupe en juin 2012, c’est de pouvoir échanger avec d’autres sur un thème choisi : c’est l’occasion de se remettre à niveau, de glaner de nouvelles idées.

Quel bénéfice retirez-vous de votre participation au groupe ? Qu’est ce qui vous plait le plus dans ce groupe ?
Adrien : Le travail sur les coûts de production a été très enrichissant, il a permis de mettre le doigt sur nos points forts et faibles dans chaque système. L'échange permet de savoir pourquoi et comment font les meilleurs.
François : La discussion avec tous les membres du groupe me paraît être la chose la plus intéressante. Pour moi, c'est la base du groupe de progrès.
François-Pierre : L'ambiance du groupe est bonne. C’est un groupe qui va de l'avant. La visite dans les fermes apporte un plus : c’est du concret, on voit comment chacun s’organise, on prend des idées. Partager sur nos chiffres sans complexe permet de se comparer et de cerner les points de progrès.
Jérôme : Oui, le bénéfice du groupe, c’est l’ouverture d’esprit : on voit mieux les pistes d’amélioration (consommation de fioul, conditions de travail, prix de revient).

Parmi les thématiques travaillées ensemble, laquelle a répondu le plus à vos besoins : quels fruits en avez-vous retiré ? quelles modifications sur vos pratiques ou projets d’exploitation ?
François : Suite au thème de 2017, l’observation du troupeau nous permet de recaler plus vite la ration. Depuis 2 ans, les réflexions du groupe m'ont permis de me conforter dans les choix et pratiques au sein du GAEC. Elles ne sont surement pas parfaites, mais elles nous permettent de dégager du revenu. Il nous reste quand même des marges de progrès.
Jérôme : J’ai particulièrement aimé le travail effectué cet hiver, notamment la réflexion sur l’élevage des génisses. A la suite des rencontres, avec mon associé, nous avons décidé la suppression d’un concentré veau trop onéreux, le changement d’allaitement avec un passage tout en poudre pour améliorer les conditions de travail et la croissance des veaux et génisses par la suite, ce qui reste à confirmer.

Qu’avez-vous retenu des échanges du groupe sur les coûts de productions ? Qu'allez-vous changer en conséquence ?
Adrien : Bien que nous cherchions tous à maîtriser nos charges, pour moi il se dégage deux types de stratégies : la recherche de valeur ajoutée par le volume avec une intensification du système, ou la recherche de valeur ajoutée par une meilleure marge unitaire quitte à produire moins, ce qui est mon cas. Toutes les stratégies fonctionnent, la comparaison des résultats me conforte dans mes choix mais montre qu'il y a encore des marges de progrès telles que l'élevage des génisses, les frais d'élevage, les niveaux de production et surtout, gros point faible chez nous, l'amélioration du temps et des conditions de travail.
François : L'analyse des coûts de productions nous permet de nous situer par rapport au groupe, de mettre l'accent sur des points à améliorer. Comme la phase 0-6 mois d’élevage des génisses : il nous faut retarder l'introduction du maïs dans la ration. Augmenter la durée de la ration foin et concentré et travailler sur le type de concentré apporté. Les discussions au travers des visites et des temps d'échange en salle restent le principal atout du groupe de progrès.
François-Pierre : Sur notre exploitation, on a un coût de concentré un peu élevé qui s'explique par le système simplifié en place. Pour l’avenir, on va cibler un aliment à moindre coût.
Jérôme : Sur notre exploitation, il y a encore des améliorations à faire pour diminuer le coût de concentrés en partie avec l’herbe à intégrer dans la ration et essayer de diminuer les intrants d’azote (soja). Pour cela, on va essayer de l’enrubannage de colza cette année à un stade précoce pour garder la valeur. Par contre, tout dépendra de la météo cet été. A voir…
Blandine : J’accompagne ce groupe depuis maintenant 7 ans, avec beaucoup de plaisir.

Le groupe émet les idées, je valide avec eux le programme sur 3 à 4 jours et organise la formation en prévoyant son financement. Les visites s’organisent ensemble, celui qui reçoit gère l’intendance : le maître mot est la convivialité.

Chacun s’engage à participer quelle que soit la thématique négociée au sein du groupe. Hormis, bien sûr, les années de gros travaux, qui nécessitent un retrait temporaire de l’un ou l’autre. Le groupe reste ouvert à tout nouvel arrivant.

« L’engagement de chaque membre, allié à la souplesse qu’ils se donnent assurent une participation permettant le financement tout en tenant compte des impératifs des chefs d’exploitation, c’est essentiel ! »

En bref, les thématiques abordées par le groupe depuis sa création :

  • Hiver 2012 : le prix de revient du lait
  • Hiver 2013 : économie d’énergie et carburant
  • Hiver 2014 et hiver 2015 : anticiper l’évolution de main d’œuvre
  • Hiver 2016 et hiver 2017 : observer le troupeau pour optimiser l’alimentation
  • Hiver 2018 : le coût de production de la génisse et du lait
  • Hiver 2019 : techniques agronomiques et autonomie protéique et fourragère
  • Hiver 2020 : productions fourragères : modifier ses pratiques agronomiques pour baisser le coût alimentaire

 

Blandine LECLERE, Conseillère d'entreprise, Chambre d'agriculture Pays de la Loire


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