Vous êtes ici : Accueil > Actualités > Actualités > Déficit fourrager : prioriser les ressources fourragères

Déficit fourrager : prioriser les ressources fourragères

Les flux rss du site Services proagri Pays de la LoireImprimer la page

En cas de déficit fourrager, il faut prioriser l’utilisation des ressources fourragères. Limiter les bouches à nourrir sans pénaliser la rentabilité. Le maintien du cheptel des vaches productives est la priorité.

Tout d’abord : parquer les animaux pour préserver les prairies pour une repousse optimale à l’automne. Une prairie dégradée, sur-pâturée compromet le pâturage.

Réduire la durée de finition des taurillons

En engraissement, les derniers mois de finition coûtent particulièrement chers liés à une baisse des performances de croissance et surtout à une détérioration des indices de consommation. Certains animaux (taurillons, bœufs, vaches de réforme…) peuvent être vendus prématurément pour économiser des stocks de fourrages. 

Le JB laitier en finition gagne environ 1 000 g/jour dont environ 50 % de ce poids va à la carcasse. Un JB en finition gagne donc 0,5 kg de carcasse par jour de finition. Ainsi, raccourcir de 20 jours la durée d’engraissement d’un JB laitier diminue le produit de 31 € et les charges de 30 €. La perte économique n’est donc que de 1 € mais permet d’économiser 160 kg d’ensilage de maïs par jeune bovin. Ramené à 20 JB, cette stratégie permet d’économiser 3,2 tMS d’ensilage de maïs pour une perte économique de 20 €.

Produit en moinsCharges en moins
20 jours x 0,5 kgc/jour x 3,10 €/ kgc

Ration :

  • 8 kg Ensilage maïs (achat = 130 €/T)
  • 0,8 kg Blé (achat = 155 €/T)
  • 1 kg Soja (achat = 360 €/T)

Total coûts alimentaires journaliers = 1,5 €

Total coût alimentaire 20 jours = 30 € 

31 €30 €

Tableau 1 : solde des charges et des produits issus d’une stratégie de diminution du poids d’engraissement d’un taurillon allaitant pendant 20 jours.

En appliquant la même démarche en taurillon allaitant, on estime que le produit diminue de 54 € et les charges de 43 €, pour une économie de fourrage de 124 kg/Taurillon. Soit 2,5 tMS d’ensilage de maïs pour une perte économique de 220 € pour 20 JB sur 20 jours.

Trier plus tôt les réformes

En système lait, l’engraissement des vaches de réforme dure généralement 3 mois et va mobiliser environ 1,5 tMS par vache engraissée. Face à ces ressources mobilisées, le gain estimé lors d’essai conduit à la station de Mauron est de 90 € (Cf. tableau ci-dessous).

 VL non finieVL finie
Poids carcasse (kg)260320
ClassementP=P+
Note d'état2,03,0
Prix/kg (€)2,502,90
Prix total (€)650930
Dépense d'engraissement/190
Solde650740
Différence90 €

 

En élevage allaitant, un diagnostic de gestation sur les repro de printemps doit permettre d’identifier au plus tôt les vaches vides et selon l’état d’engraissement les départs peuvent être accélérer. Des situations dégradées profiteront de chaque mois gagné et de chaque UGB improductives chassées. 

Mettre à l’auge les vaches ayant perdu leur veau. Privilégier des rations à base de fourrages récoltés au printemps avec des céréales. Cela permet d’économiser du maïs.

En système laitier, réduire son taux de renouvellement 

Enfin, une autre voie d’économie fourragère est de limiter les animaux improductifs. Cette économie peut se faire en limitant le nombre de génisses élevées et en ciblant un taux d’élevage d’environ 30 %. Sachant qu’une génisse de la naissance au vêlage consomme presque 6 tMS, élever 40 % de génisses pour un troupeau de 50 vaches augmentera de 30T MS les besoins du troupeau, soit un plus de 7 % des besoins en fourrages de l’atelier laitier. La consommation de ces génisses excédentaires représente environ 5 vaches productives en quantité de fourrages. 

Anticiper

Des pistes d’économies en quantité de fourrage  existent, mais avant toute prise de décision, il semble nécessaire d’effectuer un bilan fourrager. Celui-ci permettra de mesurer le déficit et de prendre les mesures adéquates à la situation.

Dès maintenant, il est intéressant de réfléchir à son assolement pour sécuriser les stocks 2020. L’introduction de mélange céréalier et l’implantation de prairies sous couvert  de mélange céréalier contribuent à augmenter la part de stock de fourrage au printemps. Ainsi, on sécurise son système et on renforce son autonomie alimentaire. 

On peut mettre en place dès cet été, des couverts hivernaux (CIPAN) valorisable par les animaux : colza fourrager, association avec légumineuses.